... recueillies par Christiane Durand
au cours des Semaines sociales sur la transmission
25, 26, 27 Novembre 2005
-« Nous nous devons les uns aux autres les mots qui disent le sens de la vie »
Guy Coq cité par Agnès Auschitzka, journaliste à La Croix. - « Il faut accepter le temps du désert de la transmission, ce qui est semé n’est pas perdu, le temps long de la vie qui croît se nourrit de l’espérance ».
Robert Rochefort (CREDOC) - « Ce que nous avons à transmettre c’est une relation qui court parmi les humains de génération en génération : s’aimer soi-même parce qu’on a été aimé et ainsi pouvoir transmettre, à son tour, l’amour, ce sans quoi l’humanité sombre dans l’abîme »
Maurice Bellet- « Ce que l’on a à léguer, ce n’est pas une masse de choses, mais l’art de la marche et le goût de la grande amitié, pas une parole sur l’amour, mais une parole aimante ».
Maurice Bellet - « Transmettre c’est discerner le nécessaire, réaliser le possible, préparer le souhaitable ».
Maurice Bellet - « Personne ne peut croire en la vie à la place d’un autre, mais pour accéder à cette foi, la parole d’un « passeur » est nécessaire ; ne dois-je pas m’entendre murmurer à moi-même : « oui, c’est vrai, la vie vaut la peine d’être vécue, j’y crois »… La vie vaut la peine d’être mise en jeu pour autrui, c’est ainsi qu’on l’a reçue, c’est ainsi qu’on la transmet ».
Christoph Theobald- « Croire au Christ c'est sans cesse découvrir en lui un doigté sans pareil pour toucher ce qui est humain et souvent trop humain en nous et percevoir ainsi l'extraordinaire connivence entre l'Evangile de Dieu et le mystère de notre existence humaine ».
Christoph Theobald - « C’est la contagion de notre intérêt pour tous et chacun qui nous vaudra - peut-être - l'intérêt de certains pour la "source " de vie qu'est pour nous le Christ ».
Christoph Theobald - « La transmission ne vient pas de la bonne conduite, c’est la révélation de l’amour de Dieu, malgré les ratés, les blessures, les errances ».
Agnès Auschitzka- « Quand on remplace l’engagement par le contrat, on prend acte qu’il n’y a pas de confiance, pas de pari sur l’avenir ».
Arnaud Favard – prêtre de la Mission de France- « Le disciple, ce n’est pas un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume ».
Arnaud Favard- « La grammaire élémentaire de l’existence humaine fait défaut. On voudrait transmettre des attitudes, des valeurs par des savoirs et l’on s’étonne de ne pas y arriver »
Jean-Claude Reichert – Directeur du CNER - « Jésus parlait avec autorité parce que les autres se reconnaissaient dans sa parole, parce qu’il faisait se lever en eux l’humanité » Jean Joncheray – prêtre théologien
- « Celui qui transmet est un maillon et non le fondateur du sens »
Mijo Beccaria – journaliste- « Cette société écoute davantage les témoins que les maîtres »
Paul VI - « L’Évangile n’est pas un livre sacré mais la fontaine du village ».
Jean- Paul II cité par Jean-Claude Guillebaud - « Croire c’est donner son assentiment non à un dogme mais à un chemin. La tolérance c’est la fermeté d’une croyance qui autorise le dialogue ».
Jean-Claude Guillebaud - « Le travail de « passeurs » maintenant, nous le savons, est le nôtre. Les circonstances de la vie m'ont fait fréquenter certains points chauds du globe. J'y ai rencontré des « passeurs » et des gens qui, dans la nuit, avaient eu recours à leurs services. La nuit est le milieu du passeur. Les candidats au passage n'étaient pas sans appréhension car les passeurs ne sont pas toujours gens exemplaires ; mais il s'agissait de cheminer vers une aube de liberté. Le « passeur », surtout lorsque les eaux étaient hautes et le courant violent, leur demandait d'abandonner tout bagage à l'exception de l'essentiel dans un modeste baluchon à porter sur la tête. Nous aussi sommes dans la nuit, mais nous croyons en une aurore ; nous, non plus, ne sommes guère exemplaires ! Nous aussi devons abandonner beaucoup de bagages, qu'il s'agisse de conceptions très chères, d'habitudes ou d'acquis de toutes sortes. Et surtout, avançons hardiment puisque c'est le Passeur par excellence –Jésus de Nazareth- qui nous tend la main. Alors l'essentiel pourra passer et fleurir au-delà de toute espérance.
Michel Camdessus – président des Semaines sociales